Augmentation des fonctionnaires de catégorie C : Cynisme à la Française

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Indécence.

Depuis 5 jours l’information tourne en boucle : 50% des fonctionnaires vont être augmentés ! Pendant que le citoyen lambda se serre la ceinture, les employés du public, ces bons à rien, fainéant en grève perpétuelle vont encore se gaver sur nos impôts, et qui va payer, comme d’habitude ? Vous avez deviné : C’est nous ! Le contribuable vache-à-lait, nous qui créons de la richesse et dont le fruit du travail est injustement spolié par ces socialistes élus sur un malentendu ! Bref, vous connaissez la chanson. Maintenant examinons les paroles.

Marylise Lebranchu, notre chère ministre (de la Réforme de l’État, de la Décentralisation et de la Fonction publique) a effectivement annoncé une augmentation de salaire pour tous les fonctionnaires de Catégorie C. Laissons de coté les détails techniques et le jargon : Les fonctionnaires de Catégorie C, ce sont les fonctionnaires les moins payés de l’état. Recrutés sur concours, ayant un CAP, un BEP ou pas de diplôme, des perspectives de carrière généralement peu réjouissante, ce sont les “petites mains” qui font fonctionner l’état. Comme les autres fonctionnaires, leur salaire est bloqué depuis 3 ans au nom de la crise (je ne rentrerais pas dans les détails des modalités de blocage).

Ces fonctionnaires gagnent un tout petit peu plus que le SMIC. Leur salaire augment en fonction de leur ancienneté, grosso-merdo un fonctionnaire de catégorie C qui a travaillé toute sa vie pour l’état et qui est en tout fin de carrière gagnera un peu moins qu’un ingénieur débutant sans aucune expérience. (c’est à dire dans les 1800/1900€ bruts). C’est peu.

Notre chère ministre a donc décidé de les augmenter. On parle de 200/300 bruts de plus par an. Qu’est-ce que ça représente ? En net et par mois : entre 12 et 18 euros. Voila. Nos jardiniers, électriciens municipaux, et autres petites mains vont avoir la chance de gagner entre 12 et 18€ supplémentaires par mois.. et à droite on crie à l’indécence, à l’achat de voix, à l’approche des municipales. Pour une place de cinéma supplémentaire par MOIS. Indécence de la droite qui crie au favoritisme envers une catégorie de la population qui a déjà du mal à finir ses fins de mois, cynisme de la gauche qui relève des salaires pour des raison essentiellement légales.

Car oui, le gouvernement n’a en fait pas vraiment le choix. En 2012 le SMIC 1430,22€ (source INSEE). Hors lesdits fonctionnaires peuvent gagner 1430,76€ à leur débuts. Et oui : si les salaires des fonctionnaires sont gelés depuis 3 ans, le SMIC lui augmente au rythme de l’inflation.. en clair si le gouvernement ne faisait rien, il se serait retrouvé à payer ses fonctionnaires moins que le SMIC.. ce qui est impossible. Cette revalorisation ridicule de salaire aurait donc été décidée aussi bien sous un gouvernement de gauche que de droite puisque c’est une obligation. Ça n’empêchera pas la droite d’en faire ses choux gras, et la gauche tenter de faire peser ce geste dans ses négociations avec les syndicats. Rêve Français, quand tu nous tiens.

Cet ajustement obligatoire est estimé à moins de 200 millions d’euros par an pour l’état. En 2011, la baisse de la TVA dans la restauration, mesure ostentatoirement électorale, avait coûté entre 2,4 et 3,2 milliards d’euros par an.

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Sarkothon : Juillet 2013 sauce bullshit

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Ils en ont fait tout un plat. L’UMP, acculée par sa dette, risquait de disparaître. Connerie. Vous en connaissez beaucoup des partis Français qui ont disparus pour des raisons financières ? Non. Et pour cause, il n’y en a aucun. Le seul parti à avoir jamais mis la clefs sous la porte (le PSU, Parti Socialiste Unifié, en 1989) l’a fait de son plein grès et pas pour des raisons financières. Mais alors de quoi nous a-t’on tant parlé lorsque les comptes de campagne de Sarkozy ont été rejetés ? Pas grand chose. Ce n’était qu’un prétexte pour écrire des papiers. Permettez ? Je rajoute le mien à la pile.

Remettons nous dans l’ambiance : le 19 décembre 2012, la CNCCFP, Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques rejette les comptes de la campagne présidentielle de Mr Sarkozy de 2012. Pour rappel, en  France, lorsque l’on arrive à plus de 5% au premier tour, les frais de campagne présidentielle sont remboursés jusqu’à 47.5% d’un certains plafond (ce qui fait environs 11 millions d’euros). Des gros partis comme l’UMP et le PS comptent évidement ce remboursement dans leurs frais (il est impensable qu’ils fassent moins de 5%), mais pour que le remboursement fonctionne, les frais doivent être conformes. Notamment ils doivent être sous le fameux plafond (aux environs de 22 millions d’euros en 2012), sinon le remboursement est nul. Et c’est précisément le problème face auquel s’est retrouvé l’équipe Sarkozy.

Anticipant le remboursement de 47,5% des frais par l’état, le candidat emprunte en son nom (François Hollande) ou via son parti (Nicolas Sarkozy) la somme qui sera remboursée par l’état. Ils se portent évidement caution, en cas de rejet des comptes, ils doivent rembourser sur leur parti n’est pas en état de rembourser (François Hollande ayant emprunté à son nom à priori c’est directement lui qui devrait payer). Et donc le 19 décembre 2012, les comptes de campagne de Sarkozy sont rejetés. Comme certains l’avaient fait remarqués, il est considéré que certains de ses déplacements effectués avant l’annonce officielle de sa candidature doivent rentrer dans ses comptes de campagne, car il s’y est comporté davantage en candidat qu’en chef de l’état. Bref. Sarkozy dépose un recours, et quelques mois plus tard, le couperet tombe : le conseil constitutionnel valide l’invalidation de ses comptes. Dur. Le remboursement est donc annulé, et l’UMP se retrouve avec un emprunt de 11 millions d’euros sur le dos.

Rien d’anormal à cette situation bien qu’elle soit en quelques sortes une première. L’équipe de Sarkozy jouait avec le feu et elle le savait. En décembre 2011, une lettre atteste que la CNCCFP avait remis au gout du jour Sarkozy et sa team à propos des obligations en vigueurs en vue du remboursement.  Je ne me donnerais pas la peine de revenir disserter sur l’insincérité des comtes de Sarkozy, suffisamment de dissertations ont eu lieue sur le sujet. Une chose néanmoins m’a étonné. Dès que l’invalidation des comptes de campagne de Sarkozy a été confirmée, la presse a crié à la mort de l’UMP. De scénarios catastrophes en promesses d’averses d’huissiers, la presse affirmait que la France pourrait perdre son premier parti d’opposition, que le FN allait devenir le seul à pouvoir s’opposer au PS, qu’il fallait sauver le soldat UMP. Sérieusement ?

Admettons que l’UMP n’ait pas pu rembourses son emprunt. Quelles banques aurait décidées de mettre à terre un mastodonte de la politique en France, et ainsi ternir leur image auprès d’une bonne moitié des Français ? Sans compter que les électeurs de droite ont probablement bien plus d’argent en banque que leurs homologues de gauche. Sans compter qu’il suffisait très probablement de donner à l’UMP plus de temps pour rembourser, quitte à rehausser les taux, pour que celles-ci se démerde sans trop de soucis (c’est d’ailleurs ce qui est en train d’arriver.. ça alors !). A l’indécence des médias en mal de papier, s’est ajouté l’indécence de Sarkozy. Qu’il n’ai pas envie de rembourser les 11 millions d’euros à lui tout seul, je comprends parfaitement (il aurait au moins pu partager la facture avec Patrick Buisson).. qu’ils décident de lancer une grande souscription aux électeurs de l’UMP, je peux comprendre, qu’ils assoment leur membres et même leur non-membres de mails et SMS ou la petite bouille de Coppé leur demande d’allonger la monnaie, je comprends (même si je suis personnellement heureux de ne pas faire partie des heureux élus s’étant levés tous les jours avec un petit SMS de Coppé au pied du lit).  Mais le comble de la mise en scène du mensonge ce fut ce “Nicolas Sarkozy a versé 7500 euros pour aider l’UMP, soit le maximum légal autorisé.”

WHAT ? Il a le droit de ne donner que 7500€ le bougre, mais ce “maximum légal autorisé” ? Bullshit. Concrètement Sarkozy fait un don à l’UMP pour rembourser un emprunt contracté par ses soin et donc avec son nom sur le contrat. Êtes vous en train de me dire qu’il n’est pas légalement autorisé à rembourser un don qu’il a contracté non plus ? N’importe quoi. Ces 7500€ font référence au don maximal autorisé d’une personne physique à un parti politique (on notera que Carla a un peu oublié de payer sa part), mais Sarkozy aurait très bien pu envoyer son chèque à la banque. Un chèque plus gros, qui aurait même pu atteindre… 11 millions d’euros. Mais qu’importe, cette mise en scène a suffit à tirer leur petite larme aux électeurs UMP et associés qui “au nom de la pluralité politique” se sont empressés d’envoyer leurs centimes à l’UMP, les dons totals ayant finis par s’accumuler vers les 8 millions d’euros. Au festival de la connerie institutionnalisée ne manquait que l’intervention de Nadine Morano et de sa mendicité en direct à la radio “Siouplé, encore trois petits millions pour Sarkozy notre héros, il a besoin de vos dons !” Comme si…

Aujourd’hui qu’en retiendra t’on ? Assurément le PS a tenté de couler l’UMP financièrement en faisant appel au conseil constitutionnel (largement de droite) et sans doute à des infiltrés dans les comptes de campagne de Sarkozy. Ou Sarkozy ne sait pas plus tenir ses comptes que ceux d’un pays, et après avoir fais des cadeaux à ses amis n’est que capable de demander à ses contribuables de payer.  “Sarkothon”, austérité, même combat ! Et après ça dit vouloir combattre l’assistanat.. qu’il commence donc à payer lui-même ses factures.

Mystique : Hallucination collective à Bretigny-sur-Orge – Les dessous d’une polémique

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Vous êtes probablement tous au courant de ce qu’il s’est passé à Bretigny-sur-Orge ce 12 juillet 2013. Un triste et grave accident à l’origine encore floue, une éclisse faible responsable du déraillage d’un train et de 6 morts. Condoléance aux familles.

Mais ce drame a rapidement été récupéré politiquement, et pas de la manière à laquelle on pouvait s’attendre. Recoupage d’information, retour sur la polémique et analyse.

Vendredi, fin d’après-midi, Twitter commence à s’alarmer d’un événement surréaliste, un train aurait déraillé dans l’Essone. On croit d’abord à un fake, mais rapidement l’info est reprise par les sites d’info. Cellule de crise, numéro vert, déclaration du premier ministre.. la machine se met en branle, les chaines d’infos lancent des éditions spéciales, et les journaux des lives sur leur sites internet. Sur Le Figaro, à 19h13 on peut lire : “Dès leur arrivée, les secours se sont fait caillasser par des jeunes, selon la police, qui a dû faire appel à une compagnie de CRS.” D’ou vient cette information ? De “la police“. Bien qu’elle ne soit pas relayée par une bonne partie de la presse, l’information se répand comme une traînée de poudre dans les milieu de droite et d’extrême droite… la polémique est lancée.

L’information vient en fait d’une certaine Nathalie Michel, du syndicat Alliance (syndicat policier classé très à droite) qui a déclaré à la presse :

«A 17 heures 30, alors que nos collègues interviennent, ils voient un groupe de jeunes qui approchent et qui semblent porter secours aux victimes. Très rapidement, ils se rendent compte que ces individus sont présents pour dépouiller les victimes et notamment les premiers cadavres. De là nos collègues chassent les individus, et, derrière, les individus ripostent en caillassant nos collègues, et les collègues pompiers. C’est honteux. C’est inqualifiable, c’est monstrueux.»

Après un habituel festival de condamnation en vrac des jeunes, des immigrés, des banlieues, des Musulman, du ramadan, des casquettes, de la viande Hallal, des pains au chocolat et sujets associés par toute la communauté d’extrême droite (qui a dit Fachosphère ? ), les démentis tombent les uns après les autres.

La Croix-Rouge dément formellement tout caillassage sur leurs équipes. Même remarque chez le SAMU de Paris. Le ministre des transport évoque quand même “pompiers qui, par petits groupes, ont été accueillis de façon un peu rude” quand des “sources policières” évoquent une “situation tendue”, et disent qu’il “y a eu quelques jets de projectiles, mais pas de caillassage”. Donc des jets de projectiles et des pompiers accueillis de façon rude ? Le doute s’impose, et des éclaircissements sont les bienvenus. Ils vont venir d’un journal local : Essone Info qui était sur place :

Les forces de l’ordre sont inflexibles et le dispositif de sécurité mis en place est très impressionnant. Peut-être trop ? Un groupe de personnes bloquées rue Boyau, exprime son mécontentement. Le ton monte lorsque plusieurs gardes mobiles les refoulent énergiquement au fond de la rue. Quelques insultes fusent, et un jeune homme lance à ce moment un projectile en direction des policiers. Ces derniers sortent les flashballs prêts à riposter. Mais ils n’en ont au final pas eu besoin, puisque les quelques personnes énervées se sont tout de suite écartées des lieux. Oui, une pierre a bien été lancée, cela dans un état de tension ambiante.

C’était donc ça. Tout s’explique. Une pierre a bien été lancée, ce qui explique “le caillassage“, l’accueil “un peu rude” des pompier, et même le “projectile lancé en direction des pompier mais qui ne les aurais pas touché“, comme on peut le lire à certains endroits. Jusque la, tout allait bien. Un triste accident, des secours efficaces et une extrême droite provocatrice, rien d’anormal en France. Lundi, le feu polémique semble éteint.

C’est sans compter ces bons pyromanes d’Alliance, qui n’abandonne pas : « Nous, on confirme. Les forces de l’ordre ont été requises par les pompiers car ils ont reçu des projectiles sur place. Le premier fait existe bel et bien. Quand on a fait appel aux renforts de police et aux CRS, c’est que la situation était devenue difficile et sérieuse. Les agents du SAMU ont été agressés ».

Jeudi 18 juillet 2013, un rapport publié dans “Le Point” vient confirmer leurs dires :  “À leur arrivée, les effectifs de la CRS 37 devaient repousser des individus, venus des quartiers voisins, qui gênaient la progression des véhicules de secours en leur jetant des projectiles” et “”Les fonctionnaires protégeaient ensuite les lieux de l’accident pour favoriser le travail des enquêteurs et des techniciens et sécuriser la visite des nombreuses autorités (président de la République, Premier ministre, ministre de l’Intérieur, ministre des Transports, ministre de la Santé…).”

Tous les journaux reprennent l’information en boucle, pourtant les informations de “Le Point” n’apportent pas grand chose. Avant l’article, on savait que des policiers avaient fait état de caillassage mais qu’aucun des “caillassés” ne confirmait. Après l’article, on sait qu’ils en ont écris un rapport, problème : les “caillassés” ne confirment toujours pas.

Voila pour le recoupage des informations jusqu’à maintenant. Maintenant analysons. Le syndicat Alliance affirme avoir été caillassé, que des jeunes voulaient en découdre, et qu’ils sont intervenus parce que la situation était difficile (personnellement, ça ne m’interpelle pas spécialement de voir un cordon de sécurité sur le site d’une catastrophe ferroviaire mais passons.. ça doit être mon coté gauchiste). Seulement voila : nous sommes en 2013, tout le monde possède un téléphone pouvant filmer, des journalistes sont arrivés sur place avec leur caméras, certains ont même été accusé par les victimes en personne de les filmer au lieu de les aider.. mais pas la moindre micro-vidéo n’atteste de la thèse d’Alliance. Rien, nada, le vide absolu. Un train déraille en région Parisienne en pleine journée et rameute tous les badauds, des émeutes urbaines ont lieu à cet endroit même, jeunes voyous et CRS s’affrontent sous les yeux de tous, et pas une seule vidéo, pas une seule photo flou pour témoigner. Pire. Urgentistes, croix-rouge, samu, pompiers, victimes, journalistes et autres badauds sur les lieux, personne ne semble capable de témoigner dans le sens des policiers du syndicat Alliance qui sont même contredis par certains de leurs collègues. De toute évidence, tout ce monde a été victime d’une énorme hallucination collective dont seul les policier du syndicat alliance au mental surentraîné ont réchappé. L’hallucination était si puissante que, même victime de tirs de projectiles, les secouristes n’ont rien vu, rien senti. Elle était si réaliste que, malgré l’assaut brutal d’une trentaine de jeunes descendus des cité avoisinantes (sans doute pour tuer le temps pendant le ramadan), les secouristes n’ont pas été blessés, les véhicules n’ont pas été abîmés. On ne peut que féliciter le travail courageux des policier d’Alliance qui, seuls dans la tourmente, face à des jeunes enragés ont protégés des secouristes inconscients de l’immense danger qu’ils courraient. Ensuite, les agents-secrets spéciale censure de Hollande sont venus et on effacés les preuves, et effacés les quelques vidéos compromettantes. Ou alors Alliance a largement exagérés son histoire, et ses membres l’ont mentionné dans leur rapport, mais cette explication est tellement moins glamour.

NB : La polémique fait aussi état de vol sur des cadavres (formellement démentis), sur des victimes (non confirmés, aucune plainte déposée) et sur un urgentiste (confirmée). Les faits son suffisamment clairs pour que je ne les commente pas.